Blog

L’importance des données socio-démographiques dans une enquête

2 commentaires

Dans ce blog nous parlons de l’usage des données socio-démographiques dans une enquête. Spécifiquement, nous essayerons de répondre à trois questions : 1) Des questions socio-démographiques sont-elles nécessaires et pourquoi (pas) ? 2) Quelles questions devez-vous poser ? 3) Où mettez-vous ces questions dans votre enquête ?

Mais commençons dès le début : que sont des caractéristiques socio-démographiques ? Ce ne sont que des caractéristiques d’une population. En général ce sont des caractéristiques comme l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le niveau d’éducation, le salaire, le type de client, l’expérience, la localité et beaucoup d’autres. Toutes ces données sont demandées constamment dans une multitude d’enquêtes.

1) Des questions socio-démographiques sont-elles nécessaires et pourquoi (pas) ?

Oui

Il y a des raisons diverses pourquoi des questions socio-démographiques peuvent être intéressantes pour votre étude. Premièrement il est impératif de savoir exactement qui a rempli votre enquête. Si vous ciblez un public spécifique vous saurez très vite à l’aide de quelques questions pointues si vous l’atteignez ou pas. En plus, quand vous voulez interrogiez un échantillon représentatif d’une population la connaissance de la distribution des caractéristiques démographiques de vos répondants aide à déterminer à quel point l’échantillon reproduit la population.

Deuxièmement, si les échantillons sont assez larges, vous pouvez différencier entre les sous-groupes différents, ce qui vous donne également des perspectives intéressantes pour votre étude. Par exemple, vous pourriez conclure que votre personnel est généralement satisfait avec les opportunités de carrière dans votre entreprise. Néanmoins les données agrégées peuvent masquer le fait que les employés du département IT ne sont pas du tout satisfaits de leurs opportunités.

Non

Il y a aussi des raisons diverses pourquoi vous ne devez pas poser des questions socio-démographiques. Afin de lier des conclusions significatives à vos données vous avez besoin d’un échantillon substantiel. Quand vous divisez vos répondants dans des sous-groupes à base des données socio-démographiques, vous risquez que les groupes deviennent trop petits pour en dire des choses statistiquement significatives. Avez-vous, par exemple, des données qui disent qu’un certain produit est populair chez des personnes âgées 15 à 25, mais vous n’avez que 50 répondants dans ce sous-groupe, cette conclusion ne soit pas statistiquement fiable.

En ajoutant des questions socio-démographiques une enquête devient aussi plus longue. Comme de nombreux analystes ont déjà montré, le taux de décrocheurs dans une enquête est positivement corrélé avec sa longuer. La plus longue que soit une enquête, le plus haut le nombre de décrocheurs. En bref, si vous ajoutez trop de question socio-démographiques il deviendra plus difficile d’obtenir un échantillon substantiel.

Notamment si les répondants sentent que leur vie privée est en danger parce qu’ils doivent répondre à trop de questions démograhiques (identifiantes). Ils peuvent penser que ces questions compromettent l’anonymat de l’enquête ou que ces questions sont une invasion de leur vie privée.

Alors, que dois-je faire ?

Des questions socio-démographiques vous donnent des renseignements très précieuxes, et nous recommandons de les poser. Mais soyez prudent ! Il faut mieux déterminer d’avance – au début de votre projet – les données les plus importantes et vous concentrer seulement sur elles dans votre enquête. En outre, vous devriez les utiliser prudemment en analysant les résultats de l’enquête.

2) Quelles questions socio-démographiques dois-je poser ?

Si vous voulez des perspectives intéressantes dans vos données, vous devez poser les questions correctes. Ci-dessous nous parlons de deux questions courantes.

1. Âge :

La recherche montre que l’âge est souvent un facteur déterminant dans le comportement des consommateurs. Si vous demandez l’âge de vos répondants, faites-le comme-suite : laissez eux remplir leur âge en chiffres ou demander leur date de naissance. Ainsi vous savez exactement l’âge de chaque répondant. Avec ces données vous pouvez vous lancer dans votre analyse. Par exemple : répondant A a 40 ans et est deux fois plus vieux que répondant B. En outre vous pouvez maintenant organiser vos répondants selon leur âge en fonction de votre étude.

L’âge est un sujet plutôt sensible pour votre groupe cible ? Alors limitez-vous aux catégories d’âge. Faites attention, chaque catégorie doit être aussi grande et ne peut pas se recouvrir avec la catégorie suivante. Chez CheckMarket nous utilisons souvent ‘18-24’, ‘25-34’, ‘35-44’, …

2. Éducation :

Le niveau d’étude est aussi un facteur distinctif dans beaucoup d’études. En plus les études vous disent aussi quelque chose sur le salaire de vos répondants. Dans beaucoup de pays où le salaire est un sujet sensible (comme en Belgique), la question de salaire donne un alternatif. Ainsi vous recevez encore une idée du salaire de vos répondants ou de leur état socio-économique, sans devoir poser la question. Tenez en compte que les systèmes d’éducation diffèrent par pays.

Chez CheckMarket nous utilisons souvent les catégories suivantes :

« Quel est votre diplôme du niveau le plus élevé ? »

  • pas de diplôme
  • école secondaire
  • baccaleuréat
  • master
  • doctorat

Des autres questions socio-démographiques qui sont utilisées souvent dans des enquêtes sont état civil, sexe, nombre d’enfants, statut d’emploi, …

3) Poser les questions socio-démographiques au début ou à la fin d’une enquête ?

La position des questions socio-démographiques dans une enquête joue également un rôle. Autrefois on adisait qu’il faut mieux garder ces questions jusqu’à la fin. Les répondants répondent d’abord aux questions intéressantes et à la fin aux questions socio-démographiques fastidieuses. Ce serait mieux pour votre taux de réponse. En outre le placement des questions socio-démographiques au début de votre enquête influencerait trop vos résultats. Cet argument réfère à la soi-disant menace du stéréotype – la peur que sentent des membres d’un groupe minoritaire dans une situation qui confirme un stéréotype culturel, associé à leur groupe social[1]. Si un répondant est conscient de cette menace, il est incliné de ne plus dire la vérité, de sorte que vos données ne soient plus fiables. Si vous posez vos questions socio-démographiques à la fin ces attentes ne jouent plus un rôle.

Et pourtant il est judicieux de poser les questions socio-démographiques au début. La recherche montre que le taux de réponses est plus élevé pour les premières questions. C’est logique parce que les répondants perdent souvent leur intérêt en progressant à travers une enquête. Si les questions socio-démographiques se trouvent au bout, vous perdrez des informations cruciales pour votre étude. Si vous demandez premièrement les données socio-démographiques, vous pouvez être sûr d’une belle réponse.

Pour cette raison chez CheckMarket nous recommandons de commencer votre enquête avec les questions socio-démographiques.

[1] Gilovich, Thomas; Keltner, Dacher; Nisbett, Richard E. (2006). Social psychology. W.W. Norton. pp. 467–468.

Articles reliés

2 comments

Join the conversation
  • Myriam - février, 2017 reply

    Bonjour j’ai une étude a faire pour mon cours de sociologie et j’aimerail savoir quelles sont les différents critères sociodémographique qui existent svp. Merci

    Nadia De Vriendt - février, 2017 reply

    Bonjour Myriam

    Il y a de nombreux critères socio-démographiques. Je te recommande de faire une petite recherche sur Google pour en savoir plus.:-) Bonne chance avec ton cours de sociologie !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *